Page 90 - revue RDV 2024 (15_04)
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environnemental dans lequel plongent aujourd’hui les risques classiquement biométriques savons pertinemment que demain sera différent.
(décès, arrêt de travail, longévité…).
Encore plus fondamentalement, au niveau de la définition de chacun des risques,
De même, avant de crier au risque systémique et réclamer le recours de l’Etat, prenons il s’avère urgent de redéfinir la part d’alea, de celle de la tendance péjorative due
la mesure exacte, ou la plus exacte possible, de la crise climatique ou pandémique. au changement climatique. Cette redéfinition est nécessaire, non seulement, à
Rappelons la profondeur historique des évènements pandémiques : la peste toucha la recalibration des couvertures de réassurance, afin d’éviter les sur-tarifications
l’Europe en 1347 et le Maroc en 1415. Concernant le climat, n’oublions pas que les excessives, mais aussi, et surtout, aux débats entre ce qui doit relever de l’Etat dans
alertes ne datent pas d’hier : le premier rapport du GIEC date de 1990. C’est avant une logique de solidarité, de ce qui doit relever du marché.
tout dans le changement quotidien de nos pratiques professionnelles que nous devons
intégrer la pleine mesure du changement de paradigme climatique. Avant de changer les tarifs d’assurance ou de réassurance, changeons nos
perspectives, nos pratiques, nos modèles. Prenons cette crise climatique comme une
Voir au-delà du présent immédiat et des objectifs de rentabilité court terme, ne pas réelle opportunité d’accroître la résilience de nos sociétés.
reconduire les mêmes hypothèses, les mêmes modèles actuarielles, alors que nous

